Bienvenue sur terre21

Commentaires fermés Écrit le 6 mai 2011 par
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Bienvenue sur terre21, le site des aventuriers du développement durable.
Nous sommes deux parents passionnés d’éducation et d’environnement et accompagnés par nos quatre garçons âgés de 4 à 13 ans, nous entreprenons, à partir d’août 2011, un voyage d’un an autour du monde.

Jour après jour, venez suivre nos péripéties sur notre blog, découvrir nos différents reportages liés au développement durable, parcourez avec nous cette terre du 21ème siècle, explorez les rubriques thématiques de nos globe brothers.

Ne surfez plus, voyagez.

Compte à rebours

1 Commentaire » Écrit le 13 décembre 2013 par
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Ce voyage, j’en ai toujours rêvé. Nous sommes lundi 5 septembre 2011, 5H 55 sur le quai de la gare de Lorient. J’attends le train. C’est comme le saut à l’élastique, une impression de se lancer dans le vide…

Retour en arrière :

10 avril 2010, Baptême républicain de Morvan ; les rites de passage sont signifiants et chez nous, 10 ans, c’est l’âge d’un accès à une conscience citoyenne. Comme nous l’avions fait deux ans plus tôt pour Louann, nous convions famille et amis à fêter ce passage. L’intéressé réfléchit à son engagement actuel et futur au sein du monde et prépare un texte qu’il prononce devant l’assemblée réunie. Famille et amis étaient nombreux à être présents pour Morvan et nous avions choisi ce moment pour y associer notre annonce officielle de départ autour du monde. Amis, famille, que d’affection reçue ce jour…

Début juillet 2011: adieu à Tanneron ; Quelques mois ont passés, nous avons acheté notre demeure à Lorient, en préparation de notre retour de voyage. Parallèlement, avons vendu notre maison de Tanneron, non sans une certaine tristesse. La mairie nous a prêté la salle des fêtes pour célébrer notre départ. Le samedi 2 juillet, vous avez été plus de 300 à répondre à notre invitation : grand groupe à partir de sept heures le soir et en petit comité lorsque les premières lueurs de l’aube ont éclairé nos derniers verres de bière. Ce fut une fête joyeuse, étincelante, dont le souvenir restera tendre. Nous avons été extrêmement touchés de recevoir autant de témoignages de sympathie et d’affection. Pour la célébration de la fin de six années passées au village, plus de dix années dans la région, les collègues de travail, les équipes enseignantes de l’école de Tanneron, du collège, les copains des enfants et leurs parents, les voisins, les associations et tous nos copains, nos amis étaient là…Que de liens créés au fil des ans. ! C’est vrai qu’en l’absence de famille proche géographiquement, c’est avec vous que l’on a construit notre quotidien durant toutes ces années. J’ai sans doute tendance à surinvestir affectivement  l’ensemble de ces relations. Mais qu’importe ! Nous avons rencontré de remarquables personnes, nous avons vécu des relations riches et reçu énormément d’amour, avec l’impression d’avoir, même modestement, contribué à la vie de notre village. Une part de Tanneron restera indubitablement gravée en nous.

Lundi 4 juillet, Deth est parti avec le dernier camion de déménagement et je suis restée, seule.  Goulven et Sanouk sont montés en voiture et m’ont attendue. J’ai passé le dernier coup de balai. Un après l’autre, j’ai descendu les volets, fermé chacune des portes, puis le cliquement de la porte d’entrée a retenti. A mon passage, les  gravillons  ont chanté une dernière fois et j’ai su que je n’entendrai plus ce crissement rapide sous les pas ensoleillés de mes enfants, au retour de l’école. Un nœud à la gorge, j’ai dit au revoir à ma maison et tourné la page de ces belles années d’enfance offerte à mes petits…

Eté lorientais ; Quiconque a enchaîné cessation de travail, responsabilité de quatre enfants, préparation de tour du monde, réalisation d’une fête de départ immensément magique, suivi d’un déménagement à l’autre bout de la France deux jours plus tard comprendra ce qu’épuisement veut dire. C’est donc fourbu mais contents que nous sommes arrivés à Lorient. Nous avons enchaîné durant tout l’été réunions de chantier pour la rénovation de notre nouvelle maison, préparation de notre périple et de l’année scolaire des petits…Nous avons donc continué la course et répondu à quasiment toutes nos obligations, avec toutefois, la frustration de n’avoir pu consacrer suffisamment de temps à nos proches.

Course des derniers jours et une dernière fête : samedi 3 septembre, la famille et quelques amis étaient à nouveau réunis pour un dernier repas. Beaucoup d’émotion pour cette fabuleuse journée. Le beau temps était au rendez-vous et ce repas champêtre nous a été très doux… Merci à tous du fond du cœur pour la grosse dose d’amour que nous avons reçue à deux jours du départ et qui va nous shooter pour un moment encore…

Voilà, tous ces moments de bonheur me reviennent en flash et il est 6h00. Les derniers braves sont là sur le quai : maman et Claude, papa et Michèle, ma plus jeune sœur Carole. Le quai est quasiment désert. Deux phares pâles et tremblants trouent soudain l’obscurité matinale. Le train arrive. On s’étreint une dernière fois, chacun peine à dissimuler son émotion …

Les petits se pressent autour de moi tandis que Deth s’empare des sacs. Le train ouvre ses portes. Je pense une dernière fois à ce saut dans le vide. Mais plus le temps d’y penser. Trois, deux , un…ça y est. Ensemble, on saute…

Delphine

 

Départ- Arrivée à Nairobi

3 commentaires Écrit le 12 décembre 2013 par
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Les dernières journées à Lorient étaient bien tumultueuses.

Goulven a quelques soucis de santé : il s’était plaint de douleurs dentaires à quelques jours du départ. Par acquis de conscience (la visite chez le dentiste avait eu lieu pour toute la famille deux mois plus tôt), on obtient un rendez-vous pour vendredi. Comme nous ne sommes pas réellement inquiets, nous maintenons notre dernier rendez-vous avec notre maître d’œuvre et Carole se charge de l’accompagner. Au retour, le diagnostic tombe : un abcès dentaire sur une dent, une autre porte un pansement provisoire. On a un traitement antibiotique de six jours, mais il faudra soigner sur place. Ah bon, où ça ?

On avisera plus tard, pas trop le temps d’y penser. Le samedi se passe bucolique, ensoleillé et heureux.

Dimanche, rangement des agapes de la veille, déménagement de la maison dont il faut débarrasser toutes les affaires pour que les travaux puissent avoir lieu. Dernier au revoir à ma grand-mère, à la famille d’Emmanuelle, ma sœur. Le soir, les enfants dorment chez leur grand-mère. Deth et moi poursuivons le déménagement et je rédige les derniers courriers, j’envoie les dernières résiliations. Nous commençons à boucler les sacs à dos à partir de minuit, on n’a pas eu le temps de le faire plus tôt. Tout ne passe pas, alors on prépare un sac supplémentaire dont on essaiera de se débarrasser dès que possible. Tout est enfin prêt et à quatre heures je vais me coucher tandis que Deth prépare des papiers. Il préfère ne pas dormir du tout.

5h00, difficile réveil. On habille rapidement les petits et tout le monde est prêt à 5h30.

6h01, le train est parti. Le trajet s’est déroulé à peu près sans encombre, si ce n’est qu’à partir du Mans, toutes les places étaient prises et que nous avons dû prendre les sacs et les duvets sur nous. Nous avons terminé notre trajet ensevelis et transpirants.

Arrivés à 9h45, gare de Montparnasse. Lila, la cousine de Deth nous attend sur le quai de la gare. Elle nous a apporté du baliboun (baume du tigre) et des « khaos toms » (gâteaux de riz) réalisés par sa maman. Succulents ! Après un rapide café, on reprend la navette. On arrive à Roissy à l’heure. On a le temps de consulter le pharmacien car Goulven vient de déclarer une bonne angine avec plus de 39° de fièvre. Après l’achat de médicaments, on a  juste le temps de retirer des dollars, téléphoner à la famille, vérifier si on a un accusé de réception pour notre logement d’accueil, en vain. Tant pis, on verra à l’arrivée.  Deth  fait des photos d’identité pour les visas et  hop ! On saute dans l’avion (on vous épargne les innombrables déshabillages, habillages, contrôles des passeports et autres joyeusetés qui, multipliées par six, constituent un véritable parcours sportif), destination Le Caire. Nous arrivons à 20h00 pour une escale d’une heure (avec renouvellement du parcours sportif), puis à nouveau, départ vers Nairobi où on arrivera enfin vers quatre heures du matin.

On achète nos visas sur place, mais l’inflation semble être passée par là car, au lieu des deux fois vingt euros annoncés, on écope de six fois 50 dollars. Hum, hum ! Je m’étonne de façon insistante, compulsant mon guide, page des visas à l’appui. Mais eux sont imperturbables dans leurs beaux uniformes kaki, donc je remballe assez rapidement mon étonnement. Positivons : j’ai bien fait d’avoir retiré autant de dollars. C’est juste dommage qu’ils n’aient pas duré plus longtemps… On récupère les bagages et bonne surprise : aucun ne manque à l’appel… Seul le thermomètre rangé trop rapidement dans une petite poche a disparu. Dommage, il faudra que je me fie à mon brillant instinct maternel pour calculer le degré auquel brûle le front de mon fils ce soir…

Nous sortons et un monsieur nous attend avec une pancarte. C’est assez inattendu mais nous sommes ravis. Sur le parking, une voiture nous attend. En la voyant, Louann balbutie : « J’y crois pas, où sont cachées les caméras ?». Bienvenue en Afrique, mon Loulou…Va falloir s’habituer. La voiture est toute petite mais nous parvenons à placer cinq sacs à dos dans le coffre. Chargé d’un duvet, Deth monte devant avec le conducteur. Le reste se tasse derrière. Le reste, c’est cinq duvets, trois sacs moyens, quatre enfants et moi. On est bien comprimés et la voiture peine à démarrer. Le bas de caisse frotte par terre une dizaine de secondes mais la voiture prend de l’élan et démarre. J’aime autant être derrière. Parce que Deth, devant, il voit tout… C’est à dire que la voiture, en arrivant en ville dispose d’une certaine vitesse, due à l’inertie, mais sa capacité de freinage reste sujet à caution… Il est 5h30 lorsqu’on arrive en ville et les travailleurs prennent leur route pour la journée. La ville est en ébullition et les klaxons sont à la fête. Un bref instant, j’ai levé la tête entre mes enfants et les duvets pour observer la route. Les voitures et les gens s’évitent dans une savante chorégraphie. Les routes sont peu éclairées et on aperçoit les ombres des personnes au dernier moment. Lorsqu’ils traversent la route, ils courent pour éviter les véhicules qui ne freinent jamais. Je me renfonce la tête dans les duvets, ça fait moins peur…

Parvenus sans encombre à l’auberge des Backpakkers, nous découvrons notre chambre. Le confort est très sommaire : quatre lits délattés (comme ceux dont parle J.L.Aubert dans « New-York avec toi » ?). Un lit délatté, c’est un lit qui a des lattes cassées, par dessus lesquelles on place des morceaux de planches pour boucher les trous. Quand on dort dans ce type de lit, il faut repérer les creux et les bosses et s’installer dans les creux. Sanouk dort avec moi, Deth dort avec Goulven, et les grands dorment seuls. Il est six heures, je repère les creux et rapidement, je m’endors…